Le blog de Philippe Baumel

l’Humanité : Interview sur "le contrat de majorité"

Retrouvez cet interview sur le site du journal l’Humanité : http://www.humanite.fr/politique/philippe-baumel-la-politique-menee-depuis-deux-ans-562831

Philippe Baumel est député PS de Saône-et-Loire et signataire de la tribune en faveur d’un «  contrat de majorité  » d’élus socialistes qui appellent la gouvernement à "recréer la confiance avec le Parlement" et à agir pour la "fin des politiques d’austérité" en Europe.

Éviter le «  renoncement démocratique  » propose votre tribune : est-ce une réponse à la tentation de continuer comme avant de François Hollande ?

Philippe Baumel. Nous, parlementaires, n’avons plus envie de continuer comme avant. De nombreux projets de loi ont été votés au rabais. Je pense notamment au texte sur les activités bancaires voté sans changement à la demande de Pierre Moscovici, et qui, finalement, ne concerne que 10 % des activités bancaires, et encore. C’est l’illustration même de la situation dont on ne veut plus. Il faut revenir aux promesses de François Hollande, quand il déclarait au Bourget, en 2012 : «  La finance est mon ennemi.  » Eh bien, il faut passer à l’acte.

Avez-vous le sentiment que le Parlement a parfois été limité dans ses ambitions par l’exécutif ?

Philippe Baumel. Très sincèrement, oui. En participant à une majorité, nous nous sommes laissés glisser dans une certaine acceptation dont aujourd’hui on voit bien qu’elle tourne court. C’est une politique qui a échoué, qui ne peut pas réussir. La grande révélation de dimanche dernier est la «  vague blanche  » de gens profondément déçus de ce pouvoir. Il faut entendre que ce qui a été fait par le gouvernement ne correspond pas aux attentes des électeurs, et particulièrement ceux de gauche. La balle revient au Parlement qui était jusque-là une espèce de majorité «  Chamallow  » un peu sucrée et molle. Mais le temps des sucreries est terminé. Il faut utiliser le message des urnes à bon escient et peser fermement en faveur d’une réorientation gouvernementale.

Pensez-vous que le «  contrat de majorité  » que vous proposez, bien différent de la ligne Hollande, puisse être entendu par le premier ministre ?

Philippe Baumel. Tant que Manuel Valls n’a pas prononcé son discours, on ne sait pas ce qu’il va se fixer comme objectifs. Notre rôle en tant que parlementaires est d’exercer une pression la plus forte possible. Elle s’orchestre aujourd’hui avec cette tribune, 80 députés, ce n’est pas rien dans une majorité. Sur tous les textes proposés dorénavant à l’Assemblée nationale, une partie des parlementaires ne s’interdira rien. Le pacte de responsabilité devra être soumis aux députés de façon claire, sans recourir à des astuces de méthodologie parlementaire (comme en associant vote de confiance et vote pour le pacte de responsabilité mardi – NDLR).


Article rédigé le 7 avril 2014