Le blog de Philippe Baumel

Ratification de l’accord de Paris (COP 21) Intervention en séance

Monsieur le Président
Monsieur le Ministre
Mes chers collègues,

Le 12 décembre est une date essentielle !

L’accord adopté à l’occasion de la Conférence Paris Climat, plus couramment appelé COP 21, le 12 décembre 2015 dernier, a été à n’en pas douter un moment historique. Pourquoi ? car il concerne selon le GIEC 200 millions de personnes vivant notamment dans les métropoles côtières et exposées au risque de montée des eaux sans oublier les 26 millions de réfugiés environnementaux qui eux subissent déjà cette dégradation.

C’est aussi et d’abord un réel succès pour la diplomatie française, j’y reviendrai.

Nous mesurons tous l’urgence de répondre aux multiples dérèglements que cause le réchauffement climatique : vagues de chaleur, sécheresses, montée du niveau des mers, fonte des glaciers. Sans oublier les guerres du climat et de l’eau qui ne manqueront pas de survenir.

Face à l’urgence, l’accord de Paris pose les bases d’une réelle maîtrise des émissions de gaz à effet de serre à l’origine des dérèglements climatiques. C’était nécessaire, c’était indispensable pour éviter que l’habitabilité de la planète ne soit menacée de manière irréversible.

Cet accord, c’est aussi comme je le disais en introduction et je voudrais insister sur ce point, est un réel succès de la diplomatie française et du ministre des affaires étrangères d’alors, M. Laurent Fabius, et de vous-même madame Royal qui avait fait preuve de votre volontarisme, de détermination et d’exigence. Je voudrai aussi saluer le travail de Mme Laurence Tubiana, ambassadrice chargée des négociations climatiques. Ce succès démontre, pour ceux qui cultivaient le doute de l’influence de la diplomatie française sur la scène internationale. Et cela aussi, il fallait le rappeler car trop de nos concitoyens n’en sont pas suffisamment conscients.

Sur le fond, l’accord de Paris prévoit en effet l’essentiel.

D’abord, contenir la hausse des températures bien en-deçà de 2°Celsius, et même de s’efforcer de la limiter à 1,5° ; l’ambition étant à terme d’atteindre la neutralité des émissions dans la deuxième moitié du siècle.

Le respect de ce seuil de 2° Celsius est identifié depuis longtemps par les scientifiques comme indispensable pour éviter que les dérèglements climatiques ne menacent de façon irréversible l’habitabilité de la terre.

Ensuite, il prévoit un mécanisme financier clé celui de la contribution climat de chaque pays sera mise à jour tous les cinq ans et de façon toujours plus ambitieuse, et prévoit également un bilan collectif au niveau mondial, tous les cinq ans, afin de faire un point global sur les engagements des pays. Le premier bilan aura lieu en 2023. Auparavant, la décision qui accompagne l’accord prévoit que les États se rencontrent une première fois en 2018 pour évaluer leurs progrès.

Par ailleurs, il prévoit des financements pour la transition énergétique, comme pour l’adaptation aux conséquences des dérèglements climatiques.

Les pays développés doivent fournir et mobiliser des financements qui devront progressivement augmenter.

Les fonds publics doivent constituer une part significative de ces financements consacrés au climat. La décision qui accompagne l’accord maintient jusqu’en 2025 l’engagement d’un financement de 100 milliards de dollars par an. Rien de moins

La nécessité de rééquilibrer les financements, notamment publics et sous forme de dons, en faveur de l’adaptation est affirmée. L’accord mentionne aussi que certains pays en développement pourront, sur une base volontaire, devenir des donateurs pour aider les pays les plus pauvres. C’est aussi une façon d’agir juste.

Le Ministre des Affaires étrangères l’indiquait clairement en amont de l’accord de Paris : « Un accord climatique mondial, ce n’est pas une exigence que les pays développés imposeraient aux pays en développement ; c’est une exigence universelle à laquelle nous devons répondre ensemble. La solidarité climatique doit encore progresser. La mobilisation des financements et des technologies en faveur des pays du Sud également. L’accord de Paris doit être aussi un pacte pour la justice et contre les inégalités » C’est toute sa dimension politique. !

Il reste ainsi beaucoup à faire, mais cet accord donne le sentiment que ce mouvement est irréversible.

Hier, les représentants des pays qui ont participé à la COP21 se retrouvaient à Bonn en Allemagne pour finaliser l’accord obtenu à Paris. Cette réunion au siège de la Convention de l’ONU intervient cinq mois après le sommet que nous avons organisé. Les délégués de 195 pays sont maintenant sur place. Après la phase de négociation vient le temps de la collaboration et de la mise en œuvre.

Dans ce contexte, aujourd’hui notre Assemblée ne peut et doit par un unanimisme rare et donc historique lui aussi autoriser la ratification de cet accord de Paris qu’il nous faudra avec vigilance et opiniâtreté, collectivement le traduire dans le réel. C’est le défi de notre génération et notre responsabilité politique.

Je vous remercie.


Discours Philippe BAUMEL-Ratification de l...


Article rédigé le 17 mai 2016