Le blog de Philippe Baumel

Quand la droite anti-républicaine tombe le masque

Suite au tragique attentat qui a causé la mort de 84 innocents à Nice, le 14 juillet dernier, les députés étaient réunis cette nuit pour autoriser la prolongation de l’état d’urgence et ainsi permettre à l’exécutif de mieux mobiliser les moyens dont il dispose pour lutter contre le terrorisme.

Si l’état d’urgence a été très largement voté par des parlementaires de tous bords, la teneur des échanges illustre non seulement la violence avec laquelle cet attentat a naturellement été ressenti par les élus comme par les français, mais aussi l’état de crispation extrême dans lequel nous sommes actuellement plongés et ses dangers.
Si le débat autour des moyens de lutte contre le terrorisme est légitime et nécessaire en cette période troublée, il doit se faire de manière sincère et non selon des considérations électoralistes.

Car à un an de l’élection présidentielle, la course à la surenchère de la part des candidats à la primaire de la droite se fait sentir et elle est ravageuse.

Hier encore à l’Assemblée, un certain nombre de députés dits « Les Républicains » ont démontré qu’ils l’étaient de moins en moins, tentant par tous les moyens de se démarquer les uns des autres, quitte à singer le Front National et à mettre à mal l’un des fondements de la République : l’Etat de droit.

En vérité, la législation actuelle fournit toutes les armes nécessaires pour lutter contre le terrorisme quand l’état d’urgence est décrété. Mais il ne peut être permanent et les amendements les plus farfelus déposés par la droite, fort heureusement rejetés, prêteraient à sourire si la situation n’était pas si grave. Ils illustrent la facilité avec laquelle certains parlementaires prétendument républicains peuvent tirer un trait sur l’état de droit, faisant l’éloge d’un système où la suspicion deviendrait la règle. Ma stupéfaction fut totale quand la proposition de création de camps de rétention destinés, bien au-delà des fichés S, à toute personne qui ferait l’objet d’une simple suspicion fut formulée, nous replongeant ainsi dans les graves errements du régime du Maréchal Pétain, quand la République tomba en juin 1940.

Ceux qui font croire aux solutions les plus simplistes et prétendent garantir un « risque 0 » s’ils étaient au pouvoir mentent à l’ensemble des français. Ceux qui s’imaginent chefs de guerre et attisent les divisions entre les citoyens jouent le même jeu que les terroristes islamistes et font peser de sérieuses menaces sur notre pays.
Il est des moments où l’apaisement, la déontologie et la mobilisation du rationnel plutôt que du sensationnel sont indispensables pour préserver le vivre-ensemble, l’unité de la Nation et rien de moins que la République : liberté, égalité, fraternité.


Article rédigé le 20 juillet 2016