Le blog de Philippe Baumel

Mont Beuvray Lundi 16 mai 2016- Discours de Philippe BAUMEL, Député de Saône-et-Loire

Cher(e)s camarades, Cher(e)s Ami(e)s,

A François Mitterrand auquel on posait la question : c’est quoi la politique, il répondait : “ c’est entendre la misère sociale.”

Tout est dit, mais est-ce si évident aujourd’hui ?

- Est-ce si évident quand la deuxième gauche semble n’avoir pour ambition que de devenir la deuxième droite ?

- Est-ce si évident quand un gouvernement de gauche fait de la simple dérégulation son crédo sans même en négocier les modalités avec les syndicats ?

Cette misère savons-nous l’entendre, l’écouter la comprendre mieux, y répondre ? Je ne le crois pas.

Rarement, la situation de notre pays n’a été si préoccupante. Depuis maintenant plusieurs années, nous constatons que les extrémismes s’enracinent, l’abstention gagne du terrain à chaque élection, les mécontentements se cristallisent.

Le peuple souffre, la résignation s’installe dans les campagnes comme dans les banlieues, la défiance des citoyens envers leurs représentants est à son comble, le ressort est cassé, le peuple n’écoute plus. Notre système est à bout de souffle.

Et que fait le gouvernement ? Aveugle et sourd, il refuse compromis syndical et travail parlementaire, il cultive cette étrange névrose d’une majorité de centre droit qui n’a jamais été dans ce pays et qui n’existe toujours pas.

Le recours au 49.3 est consternant. Il est méprisant et de plus il rate son objectif. Car, celui qui croyait fondre le plomb en or, transformer le blocage en victoire a montré en vérité son impuissance définitive et ponctue déjà sa trajectoire. On ne gagne jamais contre son camp, on ne gagne jamais contre son peuple !

Conséquence, le rejet s’ajoute au rejet et avec lui une forme d’abattement s’installe poussant certains à critiquer la République, ses institutions, ses élus ou à pousser à des aventures qui auraient pour effet de réinstaller les libéraux et leurs alliés d’extrême droite aux manettes au pouvoir.

Si nombre de commentateurs analysent ce triste épisode du recours au 49.3 comme les prémices de l’effacement de la gauche dans notre pays, la réalité me paraît moins nette.

Tout au contraire, les manifestations populaires dans toutes les villes de France sont là pour nous le rappeler, la gauche est bien là, elle est même peut-être, debout et votre nombre ici en atteste.

Mais elle est surtout désorientée, parfois désabusée. Trop d’acteurs politiques laissent souvent les citoyens dans une forme d’illisibilité du monde, laissant le soin à d’autres de l’expliquer par la peur, le rejet, la division, désignant des boucs-émissaires, opposant les populations les unes aux autres et mettant à mal le vivre-ensemble.

Dans ce contexte, face à ce brouillard, il nous faut nous poser une question : qu’est-ce que la gauche en ce début de 21eme siècle ?

- Est-ce imposer dans le débat public des thématiques propres à l’extrême-droite, comme le débat sur la déchéance de nationalité que nous avons subi durant plusieurs mois ?

- Est-ce mettre à mal les acquis sociaux obtenus grâce à la mobilisation populaire au cours des deux siècles derniers ?

- Est-ce affirmer, comme le font certains ministres, n’être ni de droite ni de gauche ?

- Est-ce porter des idées de droite pour apparaître novateur ? Est-ce aller visiter Jeanne d’Arc pour en espérer des voix ?

Ces questions sont des évidences au regard de notre passé mais le sont-elles toujours même parfois près de nous ?

Sans plus tarder, il nous faut définir un récit commun capable de dessiner un horizon, de construire notre futur.

La dérégulation ne peut être notre boussole. L’autoritarisme notre méthode.

Pour retrouver la gourmandise du projet, de la politique, pour reparler à cette jeunesse qui ne se rend plus aux urnes, pour rétablir le dialogue et la confiance avec ces millions de français qui ne se déplacent plus que pour voter « contre », plutôt que de voter « pour », parmi toutes les réformes une réforme institutionnelle est d’une absolue nécessité.

Il y a urgence sociale.

Il y a une urgence démocratique, une urgence à redessiner un horizon.

Nous n’avons rien de moins qu’un rendez-vous avec l’Histoire :

La gauche peut exploser façon puzzle ou bien, par un mélange d’audace d’innovation, par la rupture avec les vieilles recettes elle peut reconnecter le peuple avec la République.

Pour cela il va nous falloir un courage certain, gravir bien des montagnes, plus escarpées que celle-ci, mais je sais d’expérience avec vous et d’autres encore, et surtout avec toi Arnaud, que rien n’est impossible !

Chers amis, serrons les rangs, ouvrons les portes et fenêtres car ce pays nous attend, fidèles à notre histoire et ambitieux pour nos enfants !

Il est plus que temps ! Engageons-nous ! Nous sommes prêts !

Retrouvez également la vidéo du discours sur le site Gens du Morvan en cliquant sur le lien suivant : http://www.gensdumorvan.fr/politique/social/economie/au-mont-beuvray-lundi-arnaud-montebourg-a-lance-sa-deuxieme-campagne-presidentielle.html


Article rédigé le 16 mai 2016