Le blog de Philippe Baumel

La semaine folle : newsletter de la Gauche durable #17

Si on admet qu’une semaine peut commencer le dimanche, celle qui vient de s’écouler a débuté par l’élection d’un candidat FN et la désastreuse image donnée du 1er tour de la primaire à Marseille. Elle finit par le live d’une adolescente qui commente en duplex l’intervention du Président de la République et lui fait, soyons délicats, un pied-de-nez.

Entre temps, l’examen de la loi de finance révèle, par des amendements solidement argumentés, la difficulté du groupe socialiste à accepter les mesures d’un budget jugé plus exigeant envers les ménages qu’envers les entreprises. La semaine précédente, la réforme des retraites avait été conclue dans un silence polaire, les députés l’ayant adoptée, pour nombre de ceux qui l’ont votée, sans enthousiasme.

Ceci explique qu’une arrestation pour reconduite à la frontière qui s’est déroulée dans le cadre scolaire ait mis le feu. Cette affaire aurait pu être apaisée dès que l’émotion a commencé à se manifester. Elle aurait dû ne pas impliquer le Président de la République. Pour cela, il fallait ne pas nier la faute des services de police et rappeler sans délai les principes par une circulaire, sanctuarisant l’école (comme l’hôpital ou le lieu de culte).

Mais la dimension excessive et éruptive de ces événements exprime davantage qu’un symptôme : la vapeur s’est échappée de la marmite.

Pour la gauche, pour nous tous, défendre la politique économique et sociale du gouvernement n’est déjà pas une tâche facile. Nous le faisons tous les jours. Si, de surcroît le gouvernement ou un ministre nous mettent en porte à faux avec nos valeurs, ce n’est pas assumable. C’est le "trop, c’est trop" d’une gauche à la peine qui s’est exprimée dans l’émotion. Une gauche qui souffre de ne pas être entendue, des parlementaires qui aspirent à plus de codécision et de respect, des militants et des élus qui préparent les élections municipales en tentant de rester à l’abri des radiations, sans renier des années d’engagement auprès de RESF…

Une note des préfets décrit l’exaspération qui s’installe. Pour y faire face, évitons déjà de nous exaspérer nous-mêmes en transgressant, sciemment, les repères fondamentaux des socialistes.


Article rédigé le 21 octobre 2013