Le blog de Philippe Baumel

Journal de Saône-et-Loire : La forge du Creusot vendue à Mitsubishi ? Un démenti formel

Hier j’interrogeais Philippe VARIN sur l’avenir d’AREVA et notamment de la grande forge du Creusot à l’occasion de son audition devant la commission des affaires économiques à l’Assemblée nationale. Retrouvez l’article que lui consacre le Journal de Saône-et-Loire.

La rumeur faisant écho de la possible vente de l’outil principal d’Areva Creusot forge au groupe Mitsubishi a été écartée par le président du géant du nucléaire. Qui a aussi évoqué les conditions du rapprochement avec EDF.

« Je voudrais évoquer avec vous la rumeur qui court sur Mitsubishi et le rachat de la grande forge du Creusot inaugurée il y a peu par le Premier ministre ». C’est en ces termes que Philippe Baumel, le député de Saône-et-Loire, a interpellé Philippe Varin, le président d’Areva, ce mercredi lors de son audition par la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale. Et ce dernier a été très clair : « Cette rumeur n’a pas de substance. Pas plus avec Mitsubishi qu’avec d’autres. »

Si Philippe Baumel l’a aussi interrogé sur la conservation des savoir-faire, pour ne pas reproduire les erreurs du passé, le président d’Areva a surtout appelé EDF à relever son offre sur sa filiale réacteurs et à se montrer plus coopératif, donnant le ton de la négociation entre les deux groupes, lourde d’enjeux pour l’avenir du spécialiste du nucléaire.

Si le dirigeant prend son parti du choix de l’Élysée de confier à EDF la majorité du capital d’Areva NP (la filiale du groupe dédiée aux réacteurs, dont dépendent les sites du Creusot et de Saint-Marcel), il n’entend pas se laisser faire sur les aspects qui, selon lui, conditionneront la viabilité du futur Areva, recentré sur le cycle du combustible.
Les « conditions » de la viabilité

Selon M. Varin, permettre un « nouveau départ » au groupe suppose « une négociation équitable avec EDF sur la valorisation d’Areva NP ». « La proposition d’EDF doit être revue », a-t-il ajouté devant les députés, alors que l’électricien a fait fin mai une offre indicative autour de 2 milliards.

Areva souhaite aussi obtenir de meilleures conditions dans ses contrats avec EDF pour la conversion d’uranium et le retraitement des déchets. Autre condition « pour qu’Areva soit viable » : trouver des solutions « sur le partage du risque du chantier finlandais » de l’EPR d’Olkiluoto 3, qui accumule retards et surcoûts et sur lequel plane une procédure d’arbitrage international avec le donneur d’ordre finlandais.

Cette « épée de Damoclès qui pèse depuis 2003 sur le groupe […] compromet tout scénario d’avenir », avertit M. Varin. Mais jusqu’à présent, l’électricien a exclu toute prise en charge du risque financier lié à la Finlande… et étant le seul acheteur en lice, mandaté par l’État, il est forcément en position de force.

Retrouvez cet article sur le site du Journal de Saône-et-Loire en cliquant sur le lien suivant : http://www.lejsl.com/edition-le-creusot/2015/06/11/la-forge-du-creusot-vendue-a-mitsubishi-un-dementi-formel


Article rédigé le 11 juin 2015