Le blog de Philippe Baumel

Journal de Saône-et-Loire : « Il faut faire ce qu’on a dit »

Élu député pour la première fois il y a 6 mois, Philippe Baumel dresse un premier bilan de son travail à l’Assemblée nationale.

Après 6 mois d’Assemblée, vous considérez-vous encore comme un député en apprentissage ?

Je pense avoir trouvé mes marques, mais ce n’est pas pour que cela que je considère avoir déjà acquis la totalité de l’expérience nécessaire. Je me sens confortable dans le travail que je fais aujourd’hui, mais j’ai encore des choses à apprendre.

Le travail à la commission des Affaires étrangères vous occupe beaucoup ?

Oui, ça me passionne totalement. Et avec l’actualité du moment, on a de quoi s’occuper. Je suis aussi président d’un groupe d’amitié, membre de plusieurs groupes d’amitiés Donc j’y passe pas mal de temps et d’énergie. Ça m’ouvre aussi une fenêtre nouvelle qui me renvoie parfois à l’actualité locale. Lorsque l’on parle d’intérêts de pays étrangers, on évoque par exemple des sociétés installées au Creusot. Donc il arrive que les enjeux nationaux et locaux se conjuguent.

Quel bilan faites-vous de ces 6 premiers mois de travail de la majorité ?

À l’Assemblée, nous essayons de nous attacher à la mise en application des 60 propositions de François Hollande qui ont été l’armature de la campagne présidentielle et des législatives. Sur les 60, près des deux tiers ont déjà été engagées. Donc on ne peut pas laisser entendre que nous sommes restés l’arme au pied. Toutefois, il y a incontestablement un besoin de clarification. Je fais partie de ceux qui disent aujourd’hui que sur un certain nombre de sujets, il faut peut-être arrêter le tango. Il faut être plus clair, aller jusqu’au bout des engagements avec moins d’atermoiements. Il y a des sujets qui me préoccupent comme les réformes institutionnelles, le non-cumul des mandats, le droit de vote des étrangers, les modes de scrutin futur et la mise en place de la proportionnelle, le mariage pour tous et la question de la PMA. Sur ces points, le débat fluctue parfois au sein de la majorité. Il faudrait pourtant que malgré les difficultés on s’en tienne à ce qui a été dit.

Y a-t-il une mesure que vous avez votée ces 6 derniers mois dont vous êtes particulièrement fier ?

Peut-être une des toutes premières : celle sur le retour à la retraite à 60ans. C’était un acquis social de la gauche. Certains des membres de ma famille en ont profité alors qu’ils ont eu des vies de labeur et j’étais heureux de participer au retour de ce droit social.

Et qu’est-ce que la majorité a moins réussi ?

Sans doute ce qui concerne la méthode de travail. Je ne veux pas pointer du doigt tel ou tel dossier, mais je voudrais parfois que l’on ait plus de temps pour faire en sorte que le Parlement pèse d’avantage sur le mode de travail du gouvernement. Trop souvent on est enfermé dans un calendrier trop raccourci. Je sais bien qu’on est aussi poussé en ce sens par tout un tas de paramètres, mais je crois qu’il faudrait imposer un autre calendrier. Ça, pour le moment, on ne l’a pas réussi, c’est mon regret de député. Il y a des moments où on n’a pas le temps de rédiger des amendements, ou de réfléchir à certains textes parce qu’on est trop pressés.

Quels sont les gros dossiers de ce début d’année ?

Il y a bien sûr l’international avec l’engagement de la France au Mali. C’est une nouvelle attitude qui va changer le positionnement de la France sur continent. Pour une fois, on n’est pas en Afrique pour restaurer je ne sais quel tyran, mais bien pour restaurer l’état de droit et pour en faire sorte que le peuple malien puisse disposer de ses droits. Autres questions importantes, celles touchant à l’industrie : il faudra mettre en place rapidement des textes pour architecturer différemment la politique industrielle de ce pays. Il y aura aussi tout le travail engagé pour l’école.

Article paru dans le journal de Saône-et-Loire du 23 janvier 2013.Propos recueillis par Benoit Montaggioni


Article rédigé le 23 janvier 2013