Le blog de Philippe Baumel

JSL : Côte chalonnaise - vins Gel : les viticulteurs se creusent la tête

Après l’épisode de gel qui, fin avril, avait ravagé une partie du vignoble de la côte chalonnaise, la profession et les élus tentent de trouver des solutions.

Une chose est sûre : le millésime 2016 se fera rare pour les appellations givry, mercurey et bouzeron. « L’épisode de gel n’altère en rien la qualité à venir, mais la quantité sera faible. C’est catastrophique pour les petites exploitations », insiste Amaury Devillard, président de l’Organisation de défense et de gestion (ODG) de l’appellation de mercurey, l’une des plus touchées par l’épisode climatique. « La première conséquence directe va se faire sentir sur l’emploi », acquiesce Xavier Moissenet, viticulteur à Bouzeron et qui a accueilli lundi une réunion de crise, en présence du député Philippe Baumel et de la conseillère départementale Claudette Brunet-Lechenault. Le jeune exploitant, qui après une reconversion professionnelle attaque sa troisième “campagne”, sait déjà qu’il n’embauchera pas « un deuxième saisonnier en mai et juin comme c’était prévu, quitte à être à la bourre. Et à mon avis, beaucoup de saisonniers seront sans emploi dans les mois à venir. »
« Se serrer les coudes »

Pour l’emploi direct des saisonniers, aucune solution miracle ne devrait être trouvée. Mais après plusieurs réunions de crise organisées ces derniers jours en Côte d’Or et en côte chalonnaise, des pistes de réflexion se dégagent par rapport aux problèmes de trésorerie qui ne manqueront pas de venir, en particulier pour ceux qui louent les terres qu’ils exploitent. Comme le liste Pierre De Benoist, président de l’ODG de Bouzeron, « il y a un travail à mener par rapport aux charges patronales, ainsi que des reports d’emprunt à négocier auprès des banques par chaque vigneron. À plus long terme, l’idée de créer un fonds commun pour le gel, en lien avec la CAVB (Confédération des appellations et des vignerons de Bourgogne, ndlr), est aussi en train d’être creusée ». « Il faut se serrer les coudes, que la profession ressorte plus forte de cet épisode », ajoute Amaury Devillard.
Vers un état de « calamité agricole » ?

Du côté des aides potentielles, le député Philippe Baumel travaille à une éventuelle application de la notion de calamité agricole. C’est l’une des notions qu’il devrait aborder demain après-midi, au cours de son entrevue avec le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll. « J’ai d’abord voulu ce tour d’horizon de la situation pour pouvoir lui proposer des actions concrètes », indique-t-il. Du côté des conseillers départementaux, des actions de coordination et d’aides pour remplir des dossiers de demande d’indemnisation pourraient être menées.
Attention aux prix

Au-delà de la problématique directement financière, se pose aussi la question de la protection des parts de marché des vins de la côte chalonnaise. Une protection qu’il sera d’autant plus difficile de maîtriser que les stocks, en particulier pour le mercurey, sont déjà au plus bas. « Dans ce contexte, il faut tenter d’éviter au maximum l’envolée des prix », analyse Amaury Devillard. Pour les viticulteurs les plus petits et les plus touchés, seuls des allégements de charges ou des aides directes pourront permettre d’éviter un tel scénario.

Christophe Roulliaud christophe.roulliaud@lejsl.fr

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Article rédigé le 10 mai 2016