Le blog de Philippe Baumel

Investiture : oui, confiance : non

En conscience, après avoir soupesé chacune des propositions contenues dans le discours de politique générale de Manuel Valls, j’ai choisi de participer à l’investiture du gouvernement.

Non pas pour donner un blanc-seing, non pas pour témoigner d’une confiance totale, mais peut-être pour donner une dernière chance, celle de voir sur chacun des projets de loi qui viendront les parlementaires peser, faire le tri, agir en miroir de ce que les électeurs ont dit à travers les résultats de dimanche dernier.

Voter contre l’investiture de Manuel Valls c’était faire le pari encore et toujours sous cette Veme République d’un exécutif auquel, malgré ses erreurs, on aurait confié à nouveau le choix de tirer, à lui seul, les conséquences de l’échec aux élections locales.

Pourtant, tout à l’opposé, nous avons besoin que la voix du peuple soit entendue.
Nous avons besoin que le temps du Parlement vienne, enfin !

Nous n’avons pas besoin d’une dissolution, décision autoritaire de l’exécutif qui une fois de plus donnerait à un seul homme les clés de l’avenir.

Le nouveau premier Ministre Manuel Valls a annoncé qu’il souhaitait un contrat de majorité. Et bien, nous allons le vérifier. Avec d’autres députés (déjà plus de 80.) nous allons faire des contre-propositions et des amendements sur toutes les réformes annoncées dans un esprit de justice car, s’il faut relancer la machine économique cela ne peut se faire au détriment de ceux qui ont de petites retraites, des salaires modestes ou des étudiants précaires.

Le Gouvernement Valls n’aura pas de majorité « chamallow », tout sucre et un peu molle.

Il aura, éventuellement, une majorité à la condition claire que les représentants du peuple, les députés soient entendus. Cette situation porte le germe d’une évolution institutionnelle forte. Ce n’est ni la paralysie qui aurait pu être générée par un vote négatif d’investiture, ni l’asphyxie que nous avons trop longtemps connue depuis 21 mois, mais l’efficacité d’un parlement qui va peser en raison des circonstances politiques nouvelles et de la détermination d’un nombre large de députés.
Chaque semaine, mon vote et nos votes témoigneront de cet engagement.


Article rédigé le 9 avril 2014