Le blog de Philippe Baumel

D’Aucy : Les élus demandent un an de sursis

Une réunion au ministère du Redressement productif hier a permis aux élus de Saône-et-Loire de lutter pour l’avenir des emplois et du site de Val d’aucy à Ciel.

La discussion a duré près de 3 h hier au ministère du Redressement productif. À la sortie, le premier coup de fil des élus de Saône-et-Loire a été pour les salariés de Val d’aucy. « Ça a été dur », commentait la députée socialiste, Cécile Untermaier en quittant le ministère. « Le dialogue a été franc », confirme son collègue Philippe Baumel. Cette réunion c’est Rémi Chaintron, le président du conseil général de Saône-et-Loire qui l’a souhaité. Le but : « renouer le dialogue » avec le groupe Breton CECAB qui a programmé l’arrêt de son site bourguignon pour le mois de février prochain. Il y avait donc du monde autour de la table. Aux côtés des trois élus socialistes, on trouvait le préfet de Saône-et-Loire, le sous-préfet de Chalon, mais aussi le commissaire bourguignon au Redressement productif. Des représentants du ministère de l’Agriculture étaient également présents. Dans le rôle du médiateur, le conseiller spécial d’Arnaud Montebourg : Boris Vallaud. De l’autre côté de la table quatre représentants du groupe CECAB dont le président et le directeur général.

« Gagner du temps »

« Nous sommes venus pour gagner du temps, un temps indispensable », explique Cécile Untermaier. Les élus de Saône-et-Loire refusent en effet que Val d’aucy quitte le département à la fin de l’hiver. « Pour trouver un repreneur, pour assurer l’avenir du site et de la filière il faut nous laisser un an », insiste Philippe Baumel. C’est donc ce délai, ces 12 mois essentiels, que les élus sont venus chercher auprès des propriétaires bretons pour que l’usine de Ciel ne devienne pas une friche, mais que l’outil industriel puisse continuer de vivre et de faire vivre les salariés. Et le temps presse, tout doit impérativement se décanter dans les 15 jours, « la remise en culture le 15 décembre est décisive, il faut que l’on continue à planter des légumes. Si l’on décide de planter des céréales, l’avenir est compromis », pronostique le député qui souhaite donc voir tous les acteurs s’impliquer dans l’avenir du site de Ciel et notamment la coopérative. Pour qu’un futur soit possible et qu’un nouvel espoir soit accordé aux 102 salariés, le groupe CECAB va donc devoir prendre très vite une décision. Fermeture en février ou prolongation d’un an de l’activité ? Hier, les dirigeants de CECAB se sont donnés quelques jours pour réfléchir. Un nouveau contact doit être pris en début de semaine, il pourrait déboucher sur une nouvelle rencontre à laquelle les salariés seront, cette fois, associés.

La voix des salariés

Les salariés c’est justement bien pour eux que les trois élus de Saône-et-Loire ont ferraillé hier. Et dans les salles de réunion feutrées du ministère du Redressement productif, le ton est parfois monté : « Notamment sur la méthode, décrit Cécile Untermaier, leur façon de faire est légale mais pas admissible. » Face aux grands patrons de la conserverie, ils ont donc plaidé la cause des 102 familles de Saône-et-Loire qui ont vécu la nouvelle, il y a quelques semaines, comme un véritable coup de massue. Le président de CECAB a répliqué en évoquant les reclassements proposés en Bretagne. « Pourquoi pas en Hongrie, s’agace Philippe Baumel, on parle de gens qui travaillent depuis 20 ans pour à peine plus du SMIC. » Face aux arguments financiers défendus par le groupe, les députés et le président du conseil général ont donc opposé l’humain. Les arguments ont-ils fait mouche ? les élus estiment avoir vu dans les yeux de leurs interlocuteurs une lueur de compréhension : « Je crois qu’on a fait bouger les lignes ». Mais hier soir, rien n’était gagné. Les salariés attendent maintenant de savoir si Val d’aucy aura droit à une année de sursis pour préparer son avenir. Le 15 décembre, il faut impérativement que ce soit des légumes que l’on plante. Hier les élus semblaient plus déterminés que jamais à se battre aux côtés des 102 salariés de Val d’aucy.


Article rédigé le 23 novembre 2012