Le blog de Philippe Baumel

Courrier en réponse à la lettre ouverte de la FDSEA et des CDJA

Messieurs les Présidents,

J’ai pris connaissance avec une particulière attention du courrier que vous avez bien voulu adresser à l’ensemble des parlementaires de Saône-et-Loire sur les difficultés du monde agricole et que avez décidé de rendre public ce jour dans la presse. J’ai souhaité comme vous y répondre également publiquement.

Depuis de nombreux mois à vos côtés dans de nombreuses réunions de travail et encore récemment devant l’Assemblée nationale à l’occasion de votre mobilisation au mois de septembre ou j’ai été le seul parlementaire à venir à votre rencontre, nous n’avons cessé de travailler ensemble, à la fois pour que la nouvelle Politique Agricole Commune soit préservée et vienne en soutien prioritairement de l’élevage et du bassin allaitant puis en relayant et appuyant vos attentes auprès du Ministre de l’Agriculture pour que des mesures conjoncturelles et structurelles soient rapidement prises pour venir en soutien d’une profession dont je connais les difficultés et la crise qu’elle traverse.

A chaque étape j’ai été de ceux qui ont toujours recherché un dialogue sincère pour tenter de trouver avec vous des solutions.

Le gouvernement, au-delà des déclarations d’intentions a pris la mesure de l’ampleur de la crise que vous vivez et pris des initiatives rapides mais surtout d’une ampleur inédite, avec 24 mesures au mois de juillet en soutien à l’élevage et de nouvelles au mois de septembre ; d’abord maintenir la pression sur les prix pour que vous puissiez avant tout être justement rémunérés de votre travail, en dégageant 100 millions d’euros de prise en charge des intérêts d’emprunts pour 2015, 50 millions d’euros de prise en charge des cotisations sociales, une année blanche pour les charges d’endettement et près de 3 milliards d’euros d’investissement subvention dans les exploitations d’ici 2017. Toutes ces mesures qui ne sont pas exhaustives, que vous connaissez, sont le fruit du dialogue entre vos responsables syndicaux nationaux et le gouvernement.

Vous m’indiquez que ces mesures peinent à être appliquées et je relaierai bien volontiers ces difficultés à la fois, auprès du Préfet de Saône-et-Loire et du Ministre de l’Agriculture.
Depuis le début de mon mandat de député j’ai multiplié les initiatives pour soutenir l’agriculture en relançant avec d’autres le groupe étude élevage à l’Assemblée nationale qui n’existait plus. Dans ce cadre j’ai proposé avec d’autres parlementaires, et j’ai d’ailleurs défendu publiquement cette position, que compte tenu de la crise de l’élevage nous devions rechercher toutes les solutions pour que vous puissiez d’abord vivre de votre travail et que les prix d’achat des animaux retrouvent un niveau suffisamment rémunérateur pour les producteurs. Nous devons également développer énergétiquement les circuits courts et l’approvisionnement local notamment dans la restauration collective. Une politique massive d’achats public, associant les collectivités territoriales, les professionnels volontaires, les chambres d’agriculture doit être impulsée vigoureusement dès maintenant.

En effet sur l’évolution récente des prix notamment dans la filière bovine. En dépit de l’accord conclu au niveau national, les acheteurs et les intermédiaires peinent à respecter leurs engagements.

Aussi je suggère la mise en place d’une taxe sur les bénéfices de la grande distribution et des intermédiaires. Cette taxe permettrait d’abonder une fonds de soutien aux producteurs français mobilisable en fonction de la conjoncture mais aussi pour leurs investissements d’avenir. Il permettrait de soutenir le revenu des agriculteurs et d’abonder le soutien aux investissements et à la modernisation des élevages. Il pourrait également venir en soutien des initiatives prises dans les territoires pour favoriser les circuits courts et l’approvisionnement local de la restauration collective. Nous travaillons d’ores et déjà cette proposition dans le cadre de la loi de finances que l’Assemblée nationale va examiner. Sur ces deux sujets votre mobilisation pourrait être utile d’abord à l’échelon local pour convaincre les collectivités locales de s’engager résolument en faveur de l’approvisionnement local et des circuits courts. Notre département a des atouts indéniables encore faut-il mobiliser toutes les énergies et prendre des initiatives..

Je demeure en tout cas comme je l’ai toujours été disponible pour échanger sur les points que vous soulevez mais également sur les propositions très concrètes et opérationnelles que je mets en débat pour soutenir notamment l’élevage bovin.
Je vous prie de croire, messieurs les Présidents, en l’assurance de mes sentiments les meilleurs.

Philippe BAUMEL
Député de Saône-et-Loire


Article rédigé le 9 octobre 2015