Le blog de Philippe Baumel

Au-delà du 49.3 et de la motion de censure : bâtir une alternative à gauche !

Sourd aux mobilisations citoyennes, au mépris du travail des parlementaires, le gouvernement a décidé d’utiliser l’article 49.3 pour mettre fin au débat sur la loi travail qui venait à peine de débuter à l’Assemblée nationale. Le gouvernement, sans majorité de gauche, fermé au compromis, a choisi d’utiliser le plus archaïque des outils de la Vème République pour faire voter un texte qui refonde en profondeur le code du travail. Cette méthode brutale est totalement inacceptable et nous avons été nombreux à dénoncer ce mépris du travail parlementaire et au-delà des citoyens.

Le constat est partagé mais que faut-il faire ?

*Voter une motion de censure avec la droite libérale ? C’est précipiter ainsi son retour au pouvoir. C’est pour moi un contresens car il suffit de regarder les programmes des candidats de droite à la primaire, tous plus libéraux les uns que le autres. Est-ce vraiment cela que nous voulons ?
*Déposer une motion de censure des gauches ? Pour quelle efficacité politique ? Concrètement, si une motion de gauche avait pu être déposée avec les autres groupe de gauche que serait-il passé ?

En vérité, absolument rien puisqu’il fallait atteindre 288 voix et donc obtenir le renfort de toutes les voix de la droite pour que cette motion puisse être votée, le projet de loi travail rejeté et le gouvernement censuré. Au-delà de la posture, cela aboutissait à un simple rond dans l’eau institutionnelle.

Nous répondions certes à la colère et l’exaspération légitime des français qui se désespèrent de l’autisme du gouvernement et des politiques qu’il mène mais, le remède aurait été encore pire que le mal. Fracturée, la gauche serait sortie de cet épisode encore plus affaiblie qu’elle ne l’est aujourd’hui, le pas suivant étant la cassure du groupe parlementaire et probablement du Parti socialiste.

Le bilan de ce coup de force du 49.3 sur la loi travail est que le gouvernement a fait la preuve que sa ligne politique n’a pas de majorité. Il nous faut sortir de cette logique de fracturation et vite construire une alternative à gauche, avec toutes celles et tous ceux qui souhaitent une transformation sociale en profondeur.

Aux hommes et aux femmes de gauche, aux militants sincères et engagés je n’aurai qu’un message : bâtissons ensemble la gauche de demain.

Cela ne va pas être simple mais, c’est notre devoir d’hommes et de femmes engagés ; car il en va de la survie elle-même de la gauche.

Lundi 16 mai avec Arnaud Montebourg et Christian Paul nous serons comme chaque année depuis 2004 au rendez-vous du Mont-Beuvray.

Cette année plus qu’une autre cette ascension doit préparer l’avenir.


Article rédigé le 12 mai 2016